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Cinéma: Pas d’or pour Kalsaka : Le décor à l’envers

18 février 20204 min
Cinéma: Pas d’or pour Kalsaka : Le décor à l’envers

Un film d’actualité dira-t-on au regard du sujet traité par Zongo : l’or. Mais la thématique des pépites précieuses avait déjà connu un traitement à l’écran avec la fiction en 2006 par le journaliste écrivain Boubacar Diallo avec son film L’or de Younga. Le documentaire de Michel K. Zongo qui recoit une mention spéciale de la ...

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Un film d’actualité dira-t-on au regard du sujet traité par Zongo : l’or. Mais la thématique des pépites précieuses avait déjà connu un traitement à l’écran avec la fiction en 2006 par le journaliste écrivain Boubacar Diallo avec son film L’or de Younga. Le documentaire de Michel K. Zongo qui recoit une mention spéciale de la part du jury à cette 30 éditions Journées cinématographiques de Cartharge 2019 révèle une dramaturgie particulière  qui peut être regardé de près.

une scène du film

La note du Western

Si le paysage du Nord du Burkina notamment celui de Kalsaka  se prêtre à l’illusion de  représentation  de ce genre cinématographique propre à l’image de l’Ouest américain  avec son physique de roches et de végétations sans  verdures. Les prises d’images des randonnées et chevauchées de ces trois cowboys pris dans leur mouvement s’associe au rendu voulu par la mise en scène. Au-delà de cette récurrence, il faut voir une symbolisation qui rencontre l’idée de « trois mousquetaires » qui pillent les ressources de Kalsaka. Cette image des exploitants épouse naturellement le point de vue de Zongo sur la question minière dans ledit contexte filmique, les exploitants sont plus qu’un trio.  Cette subjectivité évidente choisi le documentaire pour construire son plaidoyer.  Même si la production audiovisuelle en question présente par moments quelques motifs propres au film de fiction qu’est le western. Comment il structure les autres aspects de son récit ?

 La résonnance africaine : la projection-identification

La figure de l’homme au petit tambour est un jeu de langage symétrique, il s’agit certainement de faire  coïncider un regard comme celui du documentariste. Le personnage signe sa présence dans le film par l’instrument qu’il dispose. Dans l’Afrique des traditions, les signaux de ces objets est une science. Un langage fort codé qui mérite attention ! Comme quoi ledit  message ou le contexte  est un rappel, la fonction de lancer d’alerte n’est pas nouvelle, c’est peut celle-ci qu’exerce le documentariste avec le film  dans un langage qui est sien. Autrefois, « le lunga », ce tambour d’aisselle  servait à envoyer des forts appels en cas de crise pour dire aux initiés que ça ne va pas.  Tout de même, un langage pareil a décrypté à l’intérieur d’un autre langage dit  moderne qu’il le porte s’apparente à un artifice de valorisation d’un savoir-faire typiquement africain au regard des inserts réguliers de la camera sur l’objet. Une mise en scène qui s’incruste au niveau  pas seulement au du visuel ; la bande-son articule  son discours non verbal et l’alterne aux paroles des interviewés pour créer l’effet de la poésie négro-africaine cultivé chez un scénariste comme Jean Marie Adiaffi avec «  Au nom du Christ », film  qui se trouve couronnée par le Fespaco 1993. Il y a  donc là  un fort référent esthétique propre au terroir de Zongo et qui tient en «  champ contre champ » les figures de  cow boy en équilibre. Deux mondes, culturelles coexistent dans son œuvre qui traitent  de deux visions économiques  différentes. Somme toute du point de vue de l’idéologie développé par le film le battement intercalé de cet instrument de musique n’est pas du vent. Le scenario l’utilise pour un rappel sur la situation de désastre en cours.

De la titraille

Le ressenti du d’espoir prend forme dans l’élaboration  avec l’accroche du film de  Michel Zongo. Un discours qui  fait focus sur la qualité de l’eau, la dégradation des sols  cultivables, la mort par intoxication des petits ruminants; bref «L’envers du décor» pour emprunter un titre romanesque de l’écrivain burkinabé Mathias Kyelem. Si l’environnement dans son sens écologique est affecté, que dire alors de celui  où plusieurs séquences de visages humains sont  présentées ? Le bonheur tant attendu et promis par l’ouverture de la mine produit un effet contraire comme le laisse voir les répliques des personnages  dans les entrevues. Une écriture assumée certes pour un film documentaire de Michel Zongo. Tous les sons de cloche se ont la même amplitude : « Pas d’or pour Kalsaka ».

  Hector-Victor KABRE, Critique de Cinéma

ASCRIC-B

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